Il imprimait
à son volant
les gestes lents
d'un homme las
montait
le bras
pour un virage
tirait
à droite
dans un soupir
et marmonnait
entre ses dents :
“demain
je n'y reviendrai pas
CREVEZ BORDEL
(et puis tout bas)
sauf la Josée
qui n'a rien dit”.
Et il reniflait
dans son coude
frottant son nez
dans la pliure
tandis que la lune
basse et lourde
foutait le feu
à un tronc d'arbre.
à son volant
les gestes lents
d'un homme las
montait
le bras
pour un virage
tirait
à droite
dans un soupir
et marmonnait
entre ses dents :
“demain
je n'y reviendrai pas
CREVEZ BORDEL
(et puis tout bas)
sauf la Josée
qui n'a rien dit”.
Et il reniflait
dans son coude
frottant son nez
dans la pliure
tandis que la lune
basse et lourde
foutait le feu
à un tronc d'arbre.
Ça, c'est ce qui s'appelle un poème ouvert : on peut vraiment imaginer tout ce qu'on veut. J'aime bien.
RépondreSupprimerLassants ces lacets...
RépondreSupprimerj'aime vraiment. Les ondulations, les sons, la montée jusqu'au juron en plein milieu (d'la gueule aussi) et dans le silence refait, la lune en écho, quand même, qui fait sa racaille. Ah macaréou, ça fait du bien de te lire !
RépondreSupprimerLes ondulations, oui, Kouki a bien vu.
RépondreSupprimerJ'm tout particulièrement le petit ricochet "volant-lents-las" de la première strophe. Pas fastoche de conduire en refaisant ses lacets... ;)
RépondreSupprimerEn conduisant
RépondreSupprimeril fait des 8
il faut comprendre
des 8 syllabes
@Éric : oui, j'aime bien quand on peut imaginer :)
RépondreSupprimer@Luc : Pas sous une lune basse et lourde...
@Kouk en stouck : la lune racaille ? j'adore l'idée. Fais -en un texte.
@Kiki : tu l'as vu ? j'en suis fort aise. (ton blog est magnifique au fait. Tu as fait tout ça sans toucher au CSS ?)
@PhA : Annocque, vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. J'ai relu mon texte pour vérifier, et vous avez raison.
Tu vas pouvoir monter un recueil, il me semble que tu commences à en avoir la matière :0)Beau final, FP a raison.
RépondreSupprimerC'est un plaisir de vous retrouver, votre absence était lassante. Vous revenez en fanfare. Votre poème balance une tranche de vie d' un naturalisme confondant. Votre style, âpre, imagé, canaille est chez lui dans la construction syllabique repérée par PhA. Je crois que ce n'est pas par fausse modestie que vous affirmez ne pas y avoir pris garde. Vous aviez ce rythme dans la peau, en écrivant ce petit opus. Il permet de visualiser la conduite du chauffeur, ses gestes, les pensées synchrones qui les accompagnent.Il s'impose mais il faut l'avoir senti.Bravo! Vous renouvelez, sans avoir l'air d'y toucher, la versification octosyllabique, souvent lyrique, romantique, vous la tirez à l'opposé. La fin explose littéralement et fout le feu à la poésie. C'est bien dit et c'est concis. Vous êtes de retour avec un joli coup de klaxon. Bienvenue chez vous !
RépondreSupprimerChouette! La déesse est de retour, elle balance, ça grince et ça crisse, sa plume quoi!
RépondreSupprimerAnna, non, pas touché au CSS pour mon blog, fait avec les moyens du tableau de bord mais cette plateforme Eklablog est super bien conçue, vraiment un plaisir à manipuler avec, derrière, une équipe charmante et efficace, d'ailleurs je m'en sers aussi pour celui que je suis en train de faire pour un copain luthier, toi qui as un petit faible pour les guitares, si je me souviens bien, t'auras peut-être envie d'aller y jeter un oeil: http://aleman-guitars.zic.fr/
RépondreSupprimerUn gars qui fut mis en boite dans un boxon. Il a raison de marmonner, je le trouve même bien élevé, il ne professe pas d'injures ou à peine.
RépondreSupprimerCe qui m'étonne venant de toi.... Rires ! Bon dimanche
Vous qui n'êtes pas visuelle :-), vous écrivez en images et y joignez la bande son ... bref tout ce qu'il faut pour un bon montage, j'adore ce film.
RépondreSupprimerj'aime j'aime j'aime
RépondreSupprimerj'aime beaucoup ce moment suspendu ouvert à tous les possibles (du rude bien sûr ;)
RépondreSupprimerUn recueil en effet prend corps. Continue à le pétrir.
RépondreSupprimer@FM : j'en ai un peu plus de cent trente en fait. Mais rassure-toi, le monde de la poésie s'en branle.
RépondreSupprimer@Verroust : Dis Parrain, t'exagères quand même ! Papa et toi deviez arrêter de lire et commenter mon blog si je fréquentais plus Kevin. Ouais ben c'est bon, vous pouvez lâcher l'affaire, il m'a plaquée pour Zoé la semaine dernière.
@Zoë : oui, voilà :)
@Kiki : ça fait des semaines qu'elle me fait de l'oeil cette plateforme...
@Patriarch : me raconte pas ta vie :)
@Frédérique : merci d'aimer
@Jeanney : say say say what you whant but don't play game with my affection...
@MuLM : oui, c'est l'avantage de l'écriture.
@Dominique : j'arrête pas j'ai mal aux mains :)
Au début ça tourne et à la fin c'est rond, bas et lourd. Avec un coup de fouet qui claque. Y a un aspect "Clint Eastwood craquant une allumette sur sa joue".
RépondreSupprimerTu réussis à ce que cet homme ressent soit exactement ce qu'il dit et fait, sans filtre intello ou autre, et que nous lecteurs le ressentions directement, avec lui. En quelques lignes, c'est du talent.
RépondreSupprimerJe trouve que ce texte a aussi quelque chose de spécifiquement masculin (mais je peux me tromper...). Quelque chose que je ne trouve pas très souvent dans la littérature que je lis (C'est présent par exemple chez quelqu'un que tu dois connaître : Marc Trillard. Chez Hubert Mingarelli, aussi, de façon très sensible).
@FP : "tu vois Pittau, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent... toi tu creuses !"
RépondreSupprimer@Gilles :
RépondreSupprimerElle imprimait
à son volant
les gestes lents
d'une femme de là
montait
le bras
pour un virage
tirait
à droite
dans un soupir
et marmonnait
entre ses dents :
“demain
je n'y reviendrai pas
CREVEZ BORDEL
(et puis tout bas)
sauf le José
qui n'a rien dit”.
Et elle reniflait
dans son coude
frottant son nez
dans la pliure
tandis que la lune
basse et lourde
foutait le feu
à un tronc d'arbre.
Comme l'a si bien dit Patrick, on ne se lasse pas. Mieux, on se prélasse pendant qu'il se délasse. Il n'y a décidément pas que la lune qui fout le feu ici ;7)
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