Quand elle en laissait
entrer un
dans sa chambre aux murs
couverts
il se laissait d'abord
distraire
par les photos
dédicacées
d'écrivains peu connus
jusqu'à ce qu'elle ôte
son pull over
puis elle tirait sur la tige
de ce gars
un peu coincé
qu'elle ramassait
dans les parages
de la médiathèque Yourcenar
il la payait de lecture
du Hemingway ou du Miller
sur son lit qui recelait
dans une boîte déjà ancienne
du Ingalls et du Dickens
pour quand
un jour elle saurait lire
longtemps après qu'il
l'eut quittée
elle restait nue
sur son plumard
et déposait sur le sillon
entre sa bouche et
son grand nez
une large goutte d'huile
essentielle
pressée des feuilles
d'un arbre à thé
quand elle reniflait bruyamment
son corps défait
se réjouissait
car c'était pas du Fragonard
mais l'odeur forte
sobre et racée
d'un bouquin monté de la cave
qui embaumait
son doigt de l'ange.
entrer un
dans sa chambre aux murs
couverts
il se laissait d'abord
distraire
par les photos
dédicacées
d'écrivains peu connus
jusqu'à ce qu'elle ôte
son pull over
puis elle tirait sur la tige
de ce gars
un peu coincé
qu'elle ramassait
dans les parages
de la médiathèque Yourcenar
il la payait de lecture
du Hemingway ou du Miller
sur son lit qui recelait
dans une boîte déjà ancienne
du Ingalls et du Dickens
pour quand
un jour elle saurait lire
longtemps après qu'il
l'eut quittée
elle restait nue
sur son plumard
et déposait sur le sillon
entre sa bouche et
son grand nez
une large goutte d'huile
essentielle
pressée des feuilles
d'un arbre à thé
quand elle reniflait bruyamment
son corps défait
se réjouissait
car c'était pas du Fragonard
mais l'odeur forte
sobre et racée
d'un bouquin monté de la cave
qui embaumait
son doigt de l'ange.
Au bout du compte, la littérature paie la peine qu'on lui consacre.
RépondreSupprimerAu lieu de me farcir des tapuscrits insipides qui tombent dans ma boite aux lettres, je devrais plus souvent avoir des sursauts d'indignation. C'est bon pour le moral.
RépondreSupprimer@Pittau : votre pragmatisme m'ouvre les yeux.
RépondreSupprimer@Vé le blog : Seigneur, je ne suis pas digne de vous recevoir, mais dites seulement une parole et je serai guérie.
elle fume de drôles de trucs
RépondreSupprimersur un joli rythme
ton style à fond la caisse
Relevez-vous mon enfant,vous êtes assise sur mon orteil gauche, celui qui me sert à tourner les pages des tapuscrits qui m'encombrent !
RépondreSupprimer@Kouki : merci :)
RépondreSupprimer(pour les drôles de trucs y'a le Tango stupéfiant)
http://www.youtube.com/watch?v=sK7nvkY_1mk
Première visite.
RépondreSupprimerEmpoignée...!
Bien, voyez-vous, celle qui crèche au "Douze, rue Modiano", telle que vous en parlez, Baudelaire a dû lui rendre hommage.
RépondreSupprimerMarie Dubas ?
RépondreSupprimerl'odeur forte sobre et racée, un condensé appétissant en quelques mots
RépondreSupprimeraime beaucoup
Aimer à ce point les livres...
RépondreSupprimer@Valentin : ravie de vous voir ici. Merci de votre lecture.
RépondreSupprimer@Frédérique : probablement
@Luc : la seule, l'unique
@MuLM : tiens, une olfactive :o)
@FM : tu ne les aimes pas assez :o)
J'ai pensé à Baudelaire, une fleur fanée coincée entre les pages d'un livre au parfum entêtant...
RépondreSupprimerMurs couverts, fille découverte, et rat de bibliothèque... Tes poèmes sont toujours très visuels, j'aime beaucoup.
RépondreSupprimer(Yes, le comm' est passé, miracle !)
RépondreSupprimerJe crois que c'est mon préféré. Mercibravoetc
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