Elle dit : « au r'voir-au r'voir »
affairée à ses jeux
absorbée et touchante
quand elle serre la mâchoire
juste après elle adresse
un blabla ridicule
à un ours déchiré
et le tient en respect
de son doigt minuscule
on lui redit « c' est l'heure »
donc la petite Jackie
pousse la dame vaillamment
sur le pas de la porte
comme tous les vendredis
je ralentis l'allure
à hauteur de la dame
et je vois en passant
ma gamine se serrer
dans ses p'tits bras griffés
et je lis sur ses lèvres :
« Jackie-Biche à Maman »
puis je rentre chez moi
préparer une garbure
(j'habite rue Cabestan)
moulée debout et ivre
dans une sal' robe à fleurs
je mesure une livre
et je tranche le pain
je commence à trembler
comme ce matin de juin
(ça gueulait sous mon nez)
J'ai haï Barberaz
quelque part dans cette ville
nous suions les alloc'
j' avais honte de ma mère
de ses yeux de débile
mais ils étaient furieux
en cette fin de printemps
et moi je frissonnais
plantée devant un type
qui faisait rien qu'à dire
au milieu de hoquets
«j'veux qu'elle porte mon blaze»
d'une petite voix de vioque.
affairée à ses jeux
absorbée et touchante
quand elle serre la mâchoire
juste après elle adresse
un blabla ridicule
à un ours déchiré
et le tient en respect
de son doigt minuscule
on lui redit « c' est l'heure »
donc la petite Jackie
pousse la dame vaillamment
sur le pas de la porte
comme tous les vendredis
je ralentis l'allure
à hauteur de la dame
et je vois en passant
ma gamine se serrer
dans ses p'tits bras griffés
et je lis sur ses lèvres :
« Jackie-Biche à Maman »
puis je rentre chez moi
préparer une garbure
(j'habite rue Cabestan)
moulée debout et ivre
dans une sal' robe à fleurs
je mesure une livre
et je tranche le pain
je commence à trembler
comme ce matin de juin
(ça gueulait sous mon nez)
J'ai haï Barberaz
quelque part dans cette ville
nous suions les alloc'
j' avais honte de ma mère
de ses yeux de débile
mais ils étaient furieux
en cette fin de printemps
et moi je frissonnais
plantée devant un type
qui faisait rien qu'à dire
au milieu de hoquets
«j'veux qu'elle porte mon blaze»
d'une petite voix de vioque.
Bigre !
RépondreSupprimerEn effet :)
RépondreSupprimerVous êtes une musicienne des mots avec un sacré touché.
RépondreSupprimer@Verroust : oh... alors là vous m'avez eue j'dois dire. J'écris toujours "à l'oreille".
RépondreSupprimerOn dirait du Monch'
RépondreSupprimer@Moons : malgré toute l'admiration que j'ai pour ses poèmes, ça m'étonnerait.
RépondreSupprimerOn dirait du Sandre épicétou!
RépondreSupprimervous n'écrivez pas qu'à l'oreille ou alors à l'oreille interne!!!
RépondreSupprimerc'est du 6/8 là, ça roule bien ... mais j'ai pas tout compris (oui je sais, les ptits biscuits c'est ainsi)
RépondreSupprimer6/8 peut-être mais ce sont six crochets, pas six croches pris en pleine tête...
RépondreSupprimerpas mal de dégâts collatéraux...ils ont du mérite de s'en sortir.
C.
Très sympa à lire.
RépondreSupprimer(Non je ne peux pas en rester là. C'est... c'est... c'est du de Sandre!;)
@Zoë Lucider : malgré toute l'admiration que j'ai pour ses poèmes, ça m'étonnerait.
RépondreSupprimer@My Brownie is over the ocean : moi non plus. C'est con comme du Carême et chiant comme du Okuyama.
@Depluloin : Orthosympathique ? vous êtes adorable.
Oh c'est beau comme un magistral et net coup de poing dans le pif...
RépondreSupprimer(Donc comme des crochets, effectivement, scusi, C., j'ai eu la même réaction que vous.)
RépondreSupprimerJ'aime tellement quand tu t'y mets.
RépondreSupprimerVoilà, le vous devient tu devant tant de pertinence. C'est que j'ai cru un moment qu'on y parlait de moi. Mais non, c'est juste un écrit vrai et c'est déjà ça.
Si ce texte parle, alors tant mieux :)
RépondreSupprimer